Edouard Philippe refuse une primaire de la droite et du centre

Edouard Philippe refuse une primaire de la droite et du centre L'ancien Premier ministre mise sur sa position centrale pour s'imposer comme "candidat naturel" du bloc central, face à Gabriel Attal et d'autres rivaux.

Dimanche 1er novembre, sur TF1, le candidat Horizons à la présidentielle a écarté la proposition de primaire de la droite et du centre lancée par son adversaire Gabriel Attal, qu'il juge source de "division" et de "confusion". Edouard Philippe espère s'imposer comme "candidat naturel" au sein du bloc central.

D'après lui, cette primaire a pour objectif de réunir des candidats tels que Gabriel Attal, qu'il qualifie de "continuateur du macronisme", ou encore d'autres qui tendent la main à l'union des droites. Il fait ainsi allusion au maire de Cannes, David Lisnard.

Une stratégie de recentrage assumée

Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion de l'institut de sondage Ipsos-BVA et invité de franceinfo lundi 2 novembre, estime que ce refus "n'est pas une surprise". Selon le sondeur, le "pari" d'Edouard Philippe "est de se dire qu'à la fin, même s'il y a trop de candidats dans cet espace du centre et de la droite, il s'imposera comme le candidat naturel".

"Sa stratégie depuis le début, c'est de se dire que 'pour les électeurs de droite ou LR Gabriel Attal est jugé trop à gauche, Bruno Retailleau, de la même manière, est jugé trop à droite pour les électeurs centristes proches de l'ancienne République en marche de Renaissance'. Et lui [Edouard Philippe est], dans cette position centrale", analyse Stéphane Zumsteeg.

L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron au début de son premier quinquennat "est en campagne depuis qu'il a quitté Matignon", et ce statut a pu lui conférer une stature d'homme d'Etat. Si cette stratégie a permis au candidat Horizons de s'imposer au sein du bloc central dans les sondages depuis le début de la campagne présidentielle, "le fait nouveau c'est finalement que s'il baisse, c'est tout ce socle commun qui baisse, qui subit notamment les conséquences de la crise sociale actuelle", détaille Stéphane Zumsteeg.

Selon Stéphane Zumsteeg, "le bloc central est de plus en plus en perdition. On voit bien que le fait d'avoir été Premier ministre d'Emmanuel Macron n'est plus un avantage. Cela a été à un moment donné, il est resté quatre ans. Aujourd'hui, le fait d'être resté de nombreuses années à côté du président de la République. C'est plus considéré comme un gros désavantage".

Même si selon le sondeur "tout reste possible dans cette campagne, il reste encore de nombreux mois". Avant de préciser qu'a priori, "à la fin, il ne devrait y en rester qu'un. Edouard Philippe ou Gabriel Attal ou éventuellement un autre candidat".

Des réactions contrastées chez ses adversaires

Ce refus de s'engager dans une primaire à droite a également été mal reçu au sein des troupes de Gabriel Attal. Un député macroniste a partagé à franceinfo une plaisanterie d'un militant qui estime que l'on "est passé de Edouard Philippe à Edouard qui flippe".

Pour les proches du candidat LR Bruno Retailleau, l'issue de la primaire est également tranchée. "Sans Edouard Philippe 'ça n'a aucun sens.'", confie-t-on à franceinfo.

La candidature de David Lisnard pour 2027 est perçue comme "une épine dans le pied" de Bruno Retailleau, compliquant encore davantage la clarification de l'offre politique à droite.