Les pistes du gouvernement pour réaliser 30 milliards d'euros d'économies dans le budget 2027
Le gouvernement prépare le budget 2027 avec un objectif affiché de 30 milliards d'euros d'économies pour réduire le déficit et la dette publics. Plusieurs mesures sont à l'étude, concernant notamment les retraites, la fiscalité des grandes entreprises, l'épargne salariale, les donations familiales et la rémunération des membres du gouvernement. Le budget doit être transmis au Haut Conseil des finances publiques "dans les prochains jours", selon le ministère de l'Economie.
Un effort budgétaire de 30 milliards d'euros
Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a mis sur la table un "effort" de l'"ordre" de 30 milliards d'euros d'économies, afin de réduire le déficit, qui s'est établi à 5,1% en 2025.
Le gouvernement compte faire des économies sur les retraites, de l'ordre d'"au moins 6 milliards d'euros" en 2027, selon le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel. Plusieurs scénarios sont à l'étude. Il faudrait choisir entre une indexation des retraites sur l'inflation et le maintien de l'abattement fiscal de 10% des retraités, dans le viseur du gouvernement depuis des mois.
"Ce qui est certain, c'est qu'il faudra choisir entre les deux, il ne peut pas y avoir de demi-mesure", a insisté David Amiel sur Sud Radio. Ce dossier, particulièrement sensible, fait l'objet de consultations avec les groupes politiques au Parlement, la décision finale revenant au Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Face aux inquiétudes, Roland Lescure a promis dans Le Parisien qu'"aucune pension ne diminuera[it]" et que le gouvernement ne voulait "pas matraquer les retraités". La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a également martelé sur BFMTV : "Les retraités ne porteront pas l'effort central de ce budget", "aucun retraité ne verra évidemment sa pension diminuer" et "les retraités les plus modestes (seront) évidemment principalement préservés".
La contribution exceptionnelle à l'impôt des grandes entreprises "diminuerait" dans le budget 2027, a promis le Premier ministre dans un courrier aux chefs d'entreprise. Cette surtaxe "répondait à une situation exceptionnelle : ce qui est exceptionnel doit rester exceptionnel", a-t-il aussi dit. Le montant de la réduction de cet impôt n'est pas précisé, mais il rapportera donc moins que les 8 milliards d'euros prévus en 2026.
Par ailleurs, Sébastien Lecornu a précisé qu'il ne toucherait pas au financement des Centres de formation d'apprentis (CFA) ni aux aides à l'embauche des apprentis. Il a aussi évoqué la possibilité de "revoir" les aides aux entreprises lorsqu'elles n'ont "plus d'efficacité démontrée" ou se transforment "en effet d'aubaine".
Epargne salariale : prélèvements envisagés
Le gouvernement étudie l'instauration de prélèvements sur l'épargne salariale. Selon Les Echos, il envisage de soumettre à cotisations une partie des primes d'intéressement, de participation ou les abondements des employeurs aux plans d'épargne. Le ministre de l'Economie a confirmé cette piste, mais l'entourage du Premier ministre a assuré qu'il s'agissait d'un simple document de travail et que rien n'était acté.
Le cabinet de Sébastien Lecornu précise que "sur le fond, la réflexion aujourd'hui privilégiée par le Premier ministre va plutôt dans le sens inverse" d'une fiscalisation de l'épargne salariale, pour "permettre temporairement aux salariés de disposer plus librement de l'épargne qu'ils ont déjà constituée". Le gouvernement soutient la proposition de loi du sénateur LR Olivier Rietmann, adoptée au printemps au Sénat, qui vise à faciliter le recours à l'épargne salariale et permettre de débloquer temporairement des fonds dans la limite de 5 000 euros.
Le gouvernement va proposer, dans le cadre du budget 2027, des mesures temporaires pour favoriser les donations familiales, afin de "faire circuler l'argent au moment où il est le plus utile" et sans devoir attendre un décès et une succession, selon Matignon. La principale de ces dispositions consiste à relever de 31 865 à 50 000 euros le plafond des sommes exonérées de taxation au titre d'un don familial de sommes d'argent.
Pour les donations en pleine propriété au sein du cercle familial, la fraction taxable après application des abattements bénéficierait temporairement d'un taux unique de 6%, dans la limite de 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire majeur. Pour une telle somme, les droits passeraient de 18 200 euros à 6 000 euros, et le dispositif "concernerait également la famille élargie, notamment les transmissions entre oncles ou tantes et neveux ou nièces", dit le gouvernement.
Le pacte Dutreil, qui réduit fortement l'impôt sur les transmissions d'entreprises familiales, sera quant à lui préservé, tandis qu'un "pacte Papin" sera créé afin de "faciliter la reprise de nos entreprises", notamment via la transmission aux salariés.
Baisse envisagée des indemnités ministérielles
Sébastien Lecornu envisage de diminuer l'indemnité des ministres de son gouvernement, a appris franceinfo auprès de Matignon, confirmant une information de BFMTV. Une baisse des indemnités des conseillers des cabinets ministériels est également à l'étude. Un ministre en plein exercice touche 10 700 euros brut par mois. La dernière baisse de l'indemnité des ministres remonte à 2012, au début du quinquennat de François Hollande. Selon Capital, une baisse de 10% pour les 35 membres du gouvernement pourrait permettre d’économiser 450 000 euros.