La Russie dénonce comme une "persécution politique" l'arrêté d'expulsion pris par la France contre la chroniqueuse russe Xenia Fedorova

La Russie dénonce comme une "persécution politique" l'arrêté d'expulsion pris par la France contre la chroniqueuse russe Xenia Fedorova Moscou condamne l'expulsion de la chroniqueuse, accusée par Paris d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" pour "déstabiliser l'ordre public".

La Russie a vivement réagi jeudi 6 août à la décision de la France d’expulser Xenia Fedorova, chroniqueuse russe pro-Kremlin, dénonçant une "persécution politique de journalistes sur la base d’accusations fallacieuses" après l’arrêté d’expulsion pris par Paris. Cette mesure, prise fin juillet, s’accompagne d’un gel des avoirs de la chroniqueuse, accusée par les autorités françaises d’être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" pour "déstabiliser l’ordre public" en France.

Une réaction officielle de Moscou

La diplomatie russe a condamné l’initiative française, estimant que "de telles actions sont incompatibles avec la rhétorique en France concernant son attachement aux principes de la liberté d’expression", selon les mots du porte-parole adjoint de la diplomatie russe, Alexeï Fadeïev. Il a dénoncé "une censure des opinions ne correspondant pas à la ligne officielle" et critiqué "l’acharnement des dirigeants français à attribuer une origine russe à tous les problèmes du pays".

Xenia Fedorova est l'ancienne patronne de la chaîne d'Etat russe RT en France, dont l'antenne a été interdite dans l'Union européenne depuis mars 2022. Depuis la notification de cette mesure, elle a été assignée à résidence et doit pointer quotidiennement au commissariat.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que cet arrêté d'expulsion n'est "pas une atteinte à la liberté d'expression", car il est "très motivé" et "fait référence à de nombreux propos qu'elle a pu tenir".

La place grandissante de Xenia Fedorova dans les médias de l’homme d’affaires Vincent Bolloré, dont Canal+ et CNews, avait fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l’élection présidentielle en 2027. Ses employeurs actuels, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé "une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression".

De son côté, la chroniqueuse s’est défendue sur X : "Mon comportement (...) consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l’exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste".

Son avocat, Emmanuel Piwnica, avait indiqué lundi qu'elle se trouvait déjà à l'étranger et qu'elle n'envisageait de revenir en France "que lorsque l'arrêté d'expulsion aura été suspendu ou annulé".

Xenia Fedorova avait déposé un recours en référé-liberté contre son expulsion et le gel de ses avoirs. Le tribunal administratif de Paris a rejeté ce recours lundi 3 août, faute d'avoir démontré une "extrême urgence".